Des "artisans formateurs" ont ouvert des ateliers
de production-formation à l'Ecopole Ouest-africaine,
pour montrer leurs techniques et leurs produits aux
visiteurs, mais surtout pour former des jeunes aux techniques
de fabrication à partir de matériaux de récupération.
Les consignes, pour la conduite de ces ateliers, sont :
1. la débrouillardise technique,
2. la formation pour gagner un peu d'argent,
3. la réflexion civique.
Photos: Alexandre Amirall ©
Les ateliers permanents sont :
- la menuiserie et la fabrique de mallettes "cot-cot",
- la fabrique de jouets en plaques de fer,
- la fabrique de jouets en fil de fer,
- les techniques de tricotage des sachets plastiques,
- la couture, la teinture, le tricotage, les arts culinaires,
- la poupeterie, le modelage,
- la céramique.
Photo: Pierre Soulard, Musée de la Civilisation ©
Les mallettes "cot-cot", made in dakar
Comme nous le dit Laure Tosin dans un article du mois de juin 1999
du magazine "L'Autre Afrique":"A l'Ecopole, les "stars" restent les fameuses mallettes fabriquées
à partir de boites de conserve recyclées. Elles ont leur atelier à elles,
célébrité oblige."
Du type attaché-case, les malettes "cot-cot" ont la particularité d'être réalisées
avec des matériaux de récupération:
-l'armature est en bois;
-le revêtement est fait de canettes de boisson ou de boites de conserve;
-les charnières et une grande partie des finitions sont également faites avec des objets
récupérés. L'intérieur des mallettes est "tapissé" de vieux journaux, magazines ou bandes
dessinées.
La plupart des clients sont des ressortissants de pays industrialisés: étrangers résidant
sur place, coopérants, touristes de passage. Les mallettes remportent un franc succès
auprès de ceux qui sont sensibles à l'écologie et qui déplorent le gaspillage de la société
de consommation. L'attaché-case de recyclage est un bel exemple de la créativité du secteur
"informel" africain.
Les Sénégalais, surtout les jeunes cadres dynamiques, commencent aussi à s'intéresser aux
mallettes dont la renommée s'accroît de jour en jour. C'est un ministre français des Affaires
étrangères qui les aurait en quelque sorte "parrainées".
L'appellation
"mallettes cot-cot"
date du jour où il s'est présenté au conseil des ministres muni
d'une telle valisette.
Récemment,l'ambassadeur itinérant de l'Unicef, Harry Bellafonte, en a fait la promotion
dans le quotidien
sénégalais "Le Soleil". Certains centres touristiques et hôtels du Sénégal viennent
s'approvisionner en mallettes "cot-cot" auprès des artisans, et les exposent dans
leurs boutiques. On en trouve aussi à l'aéroport pour ceux qui n'ont pas eu le temps
de faire leurs emplettes de souvenirs du Sénégal.