Thème : quel commerce  pour quel développement ?


La mondialisation de l’économie a donné à la question commerciale un caractère central dans les négociations multilatérales et régionales. Mais le contexte général dans lequel se déroulent ces négociations est marqué par une forte inspiration libérale, la même qui a sous tendu les politiques de la Banque Mondiale et du FMI durant les deux dernières décennies.

Les implications sur les économies africaines de ces politiques sont maintenant connues, de même que les conséquences de l’ouverture commerciale généralisée promue par l’Organisation Mondiale du Commerce et la BM auparavant.

Dans ce même contexte, les Accords de Cotonou, qui ont pris la place des Accords de Lomé depuis 2000 ont lancé un processus de négociation visant l’instauration de rapport commerciaux « symétrique » et créant une zone de Libre échange avec l’Union européenne. Les accords recherchés, appelés « Accords de Partenariat Economique » soulève de la arrt des pays ACP concernés, et plus particulièrement de la des pays africains des critiques virulentes, tant ils sont perçus comme une grave menace de leur économies.

Les négociations sont menées de part et d’autre par des institutions sous régionales. Pour l’Afrique de l’Ouest, c’est la CEDEAO qui les conduit au nom des quinze pays de la région et de la Mauritanie.

Les menaces évoquées concernent l’agriculture, l’industrie, le secteur des services, les ressources publiques et l’intégration sous régionales. Par ailleurs, ces négociations visent sous la pression de l’UE à aller au-delà du Cycle de négociation de Doha, encore dans l’impasse, sur des questions telles que l’investissement ou la propriété intellectuelle.

Les Etats et les sociétés civiles qui mettent en cause les APE, mettent en avant le fait que la libéralisation commerciale, opérée sous l’égide de l’OMC,  n’a pas permis aux pays en développement, et en particulier les PMA, de tirer profit de l’accroissement des échanges mondiaux, que le problème fondamental est celui de l’offre et non des frontières commerciales, que tous les pays développés et émergents sont passés par de longues périodes de protection de leurs économies. Par ailleurs, les pays africains estiment qu’il est de leur intérêt stratégique de dépasser les accords avec l’Europe, qui ne sont que le résidu de la période coloniale, et de chercher à leurs relations avec d’autres forces économiques et commerciales dans le monde.

Les APE devaient être signés avant la date du 31 septembre, mais les résistances engagés par les états et les sociétés civiles ont fait échouer ce projet. En lieu et place, et sous la pression de l’UE, seuls certains pays et quelques sous régions « reconstituées » ont paraphé des accords intérimaires qui doivent être mis en cohérence avec les cadres sous régionaux.

Au-delà des processus de négociation commerciale, l’enjeu principal est de savoir, dans les contextes africains, vers quels modèles de développement conduit le démantèlement généralisé des barrières commerciales, et à quels intérêts profite cette libéralisation ?

Quelles politiques commerciales  et quelle intégration régionale promouvoir pour favoriser la création de richesse et la valorisation des ressources internes ? 

Comment favoriser l’épanouissement des initiatives économiques endogènes et les politiques économiques favorables au plus grand nombre ?

Dans le contexte de l’enlisement des négociations de l’OMC et des APE, et la place de plus en plus réduite laissée aux enjeux du développement, le Forum qu’Enda entend organiser vise :

  1. à s’interroger sur la pertinence des logiques commerciales dominantes et les modèles de développement qu’elles induisent ;

 

  1. à contribuer à remettre la question du développement et sa nature en première ligne dans le débat public ;
  1. à identifier les nouvelles pistes de réflexion sur le développement africain dans le nouveau contexte international ;

 

  1. à échanger avec d’autres composantes de la société civile africaine sur les meilleures positions à tenir dans ces processus et dans ces débats.

Le Forum, qui aura lieu à Dakar, le 7 octobre 2008, de 15 Heures à 18h à la Maison de la Culture Douta SECK verra la participation d’une
Cinquantaine de personnes de différents horizons de la société civile.

Deux interventions principales seront présentées par Yao GRAHAM de Third World Network Africa  et par Taoufiq BEN ABDALLAH d’Enda Tiers Monde.
Madame Joséphine OUEDRAOGO, Secrétaire Exécutive d’Enda assurera la présidence du forum.
Le modérateur sera le journaliste économiste Mounirou FALL Responsable Suivi Evaluation du Programme d’Appui au Programme National de Bonne Gouvernance/ UE